Identité Nationale : de qui se moque-t-on?
Par jys le Dimanche 10 janvier 2010, 19:31 - Lien permanent
Vous trouverez ci-joint le communiqué adressé à la rédaction du Républicain Lorrain suite à la convocation par M.Marty et Monsieur le Sous-Préfet d'une réunion autour de la question.
Identité nationale : une vraie « fausse bonne idée »
Adepte des écrans de fumée, le Chef de l'Etat lance ses Préfets et parlementaires dans une manoeuvre de contournements des véritables problèmes de nos concitoyens. Accroissement du chômage et de la pauvreté, progression des travailleurs pauvres et des défaillances d'entreprises, les français espéraient en cette fin d'année, autre chose qu'un débat escamoté sur leur identité.
Cette question, Marceau Long Président de la Commission de la Nationalité de 1987 à 1988 nommé par la droite, et du haut Conseil à l'Intégration, entre 1990 et 1992, nommé par la gauche, l'a posé à des centaines d'experts, qui ont mené des milliers d'entretiens et autant de débats.
Parmi les personnalités de la Commission, Dominique Schnapper, Sociologue et fille du Philosophe Raymond Aron, explique l'affaiblissement de la cohésion sociale comme la conséquence « de l'épuisement des idéologies politiques à prétention universelle », la fin d'un projet politique égal pour tous.
Les Français observent que l'école de la République n'assure pas l'égalité des chances, les enfants des parents informés empruntent les « voies d'excellence » quand la plus grande masse des autres suit les chemins de traverse. Ils constatent que la fiscalité n'est plus au service de la justice sociale, mais qu'elle donne l'occasion aux plus riches de s 'exonérer de l'impôt. Ils assistent au démantèlement des services publics.
Le Pacte Républicain se fissure chaque jour un peu plus...
Ainsi, cette « communauté d'émotions » qui doit nous rassembler, se délite sous les coups de boutoir de choix politiques qui favorisent « l'entre-soi », protégeant du bouclier fiscal les « ghettos de très riches » et réduisant un nombre toujours croissant de travailleurs pauvres à solliciter l'aide des associations caritatives.
Aussi, poser la question de notre identité dans les salons des Préfectures, alors que la misère sociale est dans la rue, témoigne d'un cynisme rarement vu. Galvauder la question de notre identité sur l'autel d'un calcul électoraliste, aussi.
Professeur de Sciences Economiques et Sociales, je me permets de douter de la sincérité de la démarche entreprise par ceux qui, lors du vote du projet de loi au parlement, jetteront aux oubliettes l'enseignement de l'Histoire en terminale scientifique et celui des Sciences Politiques en première économique et sociale. Sûrement pour mieux organiser, dans le futur, des débats avec des « citoyens » dépourvus de mémoire et de sens critique !
Commentaires
J'ai participé à la réunion - débat sur l'identité nationale organisée par Mr le Sous-préfet & Mr Marty. J'avais quelques craintes d'assister à cette réunion car souvent en France les réunions ont dérapé & ont montré une certaine violence dans les propos des participants.
Nous étions env. 50 participants, en grande majorité des maires, aucuns élus de Sarrebourg, (surtout aucuns représentants des partis politiques), des représentants d'association....
La seule chose qui m'a un peu gêné, c'est les interventions constantes du Député-Maire qui se sentait obligé de répondre à toutes les interventions du public. En quelque sorte ce fut une tribune pour lui.
Mais bon passons car ce ne fut pas le plus important.
Dans la salle, les interventions d'une jeune fille ont été pertinentes car elle a appuyé sur les valeurs de la France, et qu'avant de s'approprier de nouvelles valeurs comme la laïcité, la méritocratie, il faut nous recentrer sur nos valeurs actuelles (Liberté, Égalité, Fraternité). Confronté à sa vision, nous avions d'autres interventions qui appuyaient sur l'éducation, sur l'histoire de notre Pays, sur la mondialisation etc...
Je suis toujours contre ce débat qui n'a pas lieu d'être, mais là je pense honnêtement que la réunion "Sarrebourgeoise" fut de bonne qualité et bien modérée.
Après avoir été en mode off pendant un certain temps, je me saisis de l'excellent article de JY pour "revenir":
Je partage totalement l'avis de JY sur la question.
Ce débat sert uniquement les calculs électoralistes de l'UMP qui espère encore gagner un peu plus de terrain sur les électeurs du FN.
Ce débat n'a pas lieu d'être en ce début d'année 2010, alors qu'une grande partie de la population française est en grande souffrance sociale et économique: nos efforts et ceux de nos élus se devraient d'être centrés sur ce qui doit être la priorité de nos politiques publiques. J'entends par là:
- baisse du chômage
- baisse de la précarité
- amélioration du système de santé
- amélioration des filets sociaux