Identité nationale : une vraie « fausse bonne idée »

Adepte des écrans de fumée, le Chef de l'Etat lance ses Préfets et parlementaires dans une manoeuvre de contournements des véritables problèmes de nos concitoyens. Accroissement du chômage et de la pauvreté, progression des travailleurs pauvres et des défaillances d'entreprises, les français espéraient en cette fin d'année, autre chose qu'un débat escamoté sur leur identité.

Cette question, Marceau Long Président de la Commission de la Nationalité de 1987 à 1988 nommé par la droite, et du haut Conseil à l'Intégration, entre 1990 et 1992, nommé par la gauche, l'a posé à des centaines d'experts, qui ont mené des milliers d'entretiens et autant de débats.

Parmi les personnalités de la Commission, Dominique Schnapper, Sociologue et fille du Philosophe Raymond Aron, explique l'affaiblissement de la cohésion sociale comme la conséquence « de l'épuisement des idéologies politiques à prétention universelle », la fin d'un projet politique égal pour tous.

Les Français observent que l'école de la République n'assure pas l'égalité des chances, les enfants des parents informés empruntent les « voies d'excellence » quand la plus grande masse des autres suit les chemins de traverse. Ils constatent que la fiscalité n'est plus au service de la justice sociale, mais qu'elle donne l'occasion aux plus riches  de s 'exonérer de l'impôt. Ils assistent au démantèlement des services publics.

Le Pacte Républicain se fissure chaque jour un peu plus...

Ainsi, cette « communauté d'émotions » qui doit nous rassembler, se délite sous les coups de boutoir de choix politiques qui favorisent « l'entre-soi », protégeant du bouclier fiscal les « ghettos de très riches » et réduisant un nombre toujours croissant de travailleurs pauvres à solliciter l'aide des associations caritatives.

Aussi, poser la question de notre identité dans les salons des Préfectures, alors que la misère sociale est dans la rue, témoigne d'un cynisme rarement vu. Galvauder la question de notre identité sur l'autel d'un calcul électoraliste, aussi.

Professeur de Sciences Economiques et Sociales, je me permets de douter de la sincérité de la démarche entreprise par ceux qui, lors du vote du projet de loi au parlement, jetteront aux oubliettes l'enseignement de l'Histoire en terminale scientifique et celui des Sciences Politiques en première économique et sociale. Sûrement pour mieux organiser, dans le futur, des débats avec des « citoyens » dépourvus de mémoire et de sens critique !